Il y a des moments où l’on n’a plus la force de soutenir le monde tel qu’il est. Où l’on ne cherche plus à comprendre, ni à prévoir, ni à avancer. On reste là. Présente. À l’écoute de ce qui palpite encore.
Dans cette œuvre, tout se joue dans les fragments. Dans ce qui affleure. Dans ce qui tremble doucement sous la surface. La matière porte ce que les mots ne savent plus dire: la fatigue, la retenue, le trop-plein qu’on garde à l’intérieur pour continuer de tenir.
Les textures se superposent comme des couches d’émotions mal rangées. Certaines sont douces, d’autres plus lourdes. Elles racontent un état suspendu, entre le besoin de se replier et celui, instinctif, de rester en lien avec la vie.
Ici, il n’est pas question de projection ni d’élan. Seulement d’habiter ce qui est là. De respirer à travers ce qui fait encore mal. De laisser le corps ressentir quand l’esprit n’a plus l’énergie.
Quand on n’a plus l’énergie de regarder droit devant, on ressent autrement.
Et parfois, ressentir, simplement, honnêtement, est déjà une forme de courage.
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